East Side BuJo

BuJo ? Ou plus communément appelé le Bullet Journal. C’est récemment, en parcourant Ouest France, que je suis tombée sur cet article du 25 Juillet 2016 qui parlait de ce concept New Yorkais qui date de 2013.

Back to Good Old Paper / Pen Duo

Pour les anglophones, tout est expliqué sur le site du créateur Ryder Carroll (qui a même déposé le concept et le nom Bullet Journal ou BuJo pour les connaisseurs). En français, le Bullet Journal c’est le regroupement ou le mélange d’une liste des tâches à faire, d’un carnet de croquis, d’un journal intime, d’un carnet de notes, et d’un agenda ou tout ce qu’on a envie d’écrire ou de dessiner. Ca peut être plus, ça peut être moins, et surtout, ça peut être ce que chacun souhaite en faire. Mais tout se passe dans un carnet et à l’aide d’un bon vieux stylo.

 

Il y a tout un mode d’emploi pour bien démarrer son Bullet Journal, sur BulletJournal.com, il y a des tonnes de bloggers anglophones qui en parlent en long, en large et en travers avec une multitude de variation de mises en page, de design, il y a de plus en plus de bloggers français qui s’y mettent. Evidemment, Pinterest, Instagram et même Tumblr ne sont pas en reste, De ressources, vous ne manquerez pas si vous daignez taper “Bullet Journal” sur votre moteur de recherche préféré. A la fin de cet article, j’ai concocté une liste de blogs qui expliqueront mieux que moi ce qu’est le Bullet Journal et comment commencer. En écrivant cet article je souhaite simplement introduire le concept (chose faite donc) et vous montrer ma version du BuJo (à suivre alors).

 

Getting Sh#t Done (Excuse my French)

Je n’ai pas de problèmes d’organisation personnelle, je gère bien mon temps et mes rendez-vous avec mon calendrier virtuel (Google Calendar). En revanche, j’ai toujours eu des difficultés à m’organiser au travail, malgré plusieurs méthodes testées :

  • J’ai essayer le fichier Excel mais il s’est avéré être difficile à gérer ayant tendance à ajouter trop de codes couleurs ou de statuts ou de listes déroulante. Ma colonne “commentaire” était parfois trop chargée en texte, car la beauté d’Excel c’est sa flexibilité, mais c’est aussi son point faible. Je passais beaucoup de temps à le remplir, à le maintenir et je perdais du temps à chercher une information. => Résultat : abandonné. 
  • J’ai testé avec plus de succès une méthode tirée du livre de Stephen Covey “Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent”. Sur une feuille blanche A4 divisée en 4 par 2 axes “Urgence” et “Importance”, j’y inscrivais mes tâches chaque matin, et faisais le point le soir. => Résultat : adopté. En effet, ce système est simple et permet de gérer les priorités de ses tâches au quotidien. En revanche, pour le suivi de projet ou tâches plus longues, c’est complètement inefficace.
Non Important & Urgent Important & Urgent
Non Important & Non Urgent Important et Non Urgent

 

Et donc, c’est là que le Bullet Journal m’a interpelé : peut être que dans la gestion de mes projets dans le cadre professionnel, cette méthode pourrait s’avérer efficace. Je ne peux pas encore tester étant en “stand by” corporate (malgré moi) alors j’ai décider de tester la méthode dans mon monde personnel.

Je me suis donc lancée dans l’aventure Bullet Journal le 1er Août, et avec un recul de presque 2 mois sur la méthode, je dois avouer qu’elle me plait. Si je n’ai pas de difficultés à m’organiser, j’ai parfois tendance à reporter certaines tâches peu importantes, même si je les ai entrées dans mon calendrier ou mes rappels : il est si facile de modifier la date, de cliquer-glisser à plus tard dans son calendrier virtuel que je ne me gêne pas, et parfois, je ne regarde même pas mes notifications sur mon téléphone ou ordinateur. Bref, la carte postale de Paris que je dois envoyer à un tel a été très longtemps un rappel que j’ai eu l’habitude de reprogrammer d’un simple touché.

 

My Bullet Journal

Mon Bullet Journal, c’est le carnet dans lequel j’inscris les évènements notables, les tâches peu importantes, le suivi des “habitudes” et mes repas. J’ai beaucoup navigué sur le net (blogs, instagram, Pinterest) afin d’y pêcher des idées et de l’inspiration tout en gardant à l’esprit les objectifs suivants :

  • une mise en page (layout) minimaliste : pour une mise en place rapide
  • une présentation épurée et claire : pour s’y retrouver facilement et rapidement
  • y passer le moins de temps possible : à le mettre en place, à le consulter et à le remplir
  • Et surtout, l’objectif est d’avoir un Bullet Journal qui soit efficace : j’admire ces Bullet Journalistes qui décorent leurs carnets, qui s’appliquent à bien écrire, mais ça ne fonctionnerait pas pour moi. Je veux que mes tâches soient faites, non pas qu’elles aient l’air belles sur Instagram. Je n’oublie pas que je teste le concept dans ma vie privée pour voir si je peux le mettre en place dans mon (futur) travail.

J’ai donc simplifié le principe, notamment en excluant le Future Log dont je n’ai pas l’utilité personnellement (mais qui le devenir professionnellement) et les Daily Logs. Il se compose comme suit :

  • Collections
    • Livres à lire : J’ai une dizaine de livres que j’ai achetés et non lus. Les inscrire dans une liste m’aidera à succomber à d’autres achats et à me concentrer sur ceux que je possède déjà.
    • Séries : Je regarde plusieurs séries en parallèle et noter les épisodes regardés me permet de savoir où j’en suis. Tout comme les livres, écrire noir sur blanc ce que l’on est en train de regarder permet d’éviter de se disperser et d’ajouter d’autres éléments à une liste déjà bien longue.
  • Monthly Log : j’ai dessiné un petit calendrier dans lequel j’ai noté les évènements notables (anniversaires, dates importantes, jours fériés…) et à côté mes objectifs du mois (comme travailler mes leçons de japonais) ainsi que les tâches personnelles non importantes ou sans contraintes de temps (comme les fameuses cartes postales à envoyer)
  • Monthly Trackers : sur l’autre page je suis certains éléments récurrents sur tout le mois : les habitudes ou “habits trackers”.
    • Les trackers d’activité qui permettent de suivre la régularité de certaines “habitudes” : si j’ai marché régulièrement plus de 20 minutes, combien de temps j’ai passé à blogger… Ces trackers agissent étrangement en motivateurs.
    • Les trackers de suivi qui permettent de savoir quand une tâche a été effectuée pour la dernière fois, utile pour un soin à faire toutes les deux semaines par exemple.
  • Repas : pour tout le mois, j’inscris ce que j’ai mangé le midi et le soir. Cela me permettra de glaner des idées plus tard si j’en manque et me forcera à varier les plaisirs. J’inscris également le nom du restaurant et une petite note pour me souvenir quels sont ceux à visiter régulièrement et ceux à éviter. Cela me permet de voir si je sors beaucoup ou pas suffisamment au passage.

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  • Suivi du sommeil : sur un graphique, les jours en ordonnées et l’heure en abscisses. Pour septembre, j’ai mis en place un code couleur qui représente la durée du sommeil.

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  • Apprentissage du Japonais : en Septembre, j’ai décidé de suivre avec plus de détails mon apprentissage en identifiant différents modules, contrairement au mois d’août, où je me contentais de cocher le jour où j’avais travaillé, sans plus de précisions. Apprendre une langue, c’est travailler la lecture, l’écriture (surtout pour le japonais), et l’écoute, en plus de la grammaire et le vocabulaire. Gageons que cette nouvelle structure m’aidera à m’améliorer, enfin, et à retrouver une régularité un peu perdue depuis mon retour à Paris.

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Tous mes rendez-vous et les tâches très importantes ou à faire à une date et heure précises sont dans mon agenda Google (synchronisés sur mon PC et mon téléphone portable). Je gère mon temps efficacement avec ce système et évite les oublis. Je n’ai pas trouvé utile et productif de les inscrire dans le Bullet Journal, comme je ne le trimballerais pas avec moi.

 

Two Months Now: the Feedback

Ce que j’apprécie énormément dans cette méthode, c’est sa flexibilité :

  • si pour le mois d’août j’ai créé mon calendrier et mes trackers à la verticale, j’ai décidé de faire une mise en page horizontale en septembre, plus pratique et plus efficace car j’évite de tourner mon cahier.
  • si je suivais mon japonais sur une simple ligne dans mes habits trackers, j’ai mis en place une page spéciale pour suivre mon avancement dans l’apprentissage de langue avec plus de détails
  • si je dessinais des barres pour représenter ma plage de sommeil au mois d’août, ce mois-ci, j’ai simplement tracé des lignes, dans un soucis de gain de temps. C’est un outil de productivité et non une oeuvre d’art.
  • les mois se suivent mais peuvent ne pas se ressembler, la mise en forme d’août est différente de celle de septembre et peut être qu’en octobre, avec l’expérience, je trouverais un layout qui me conviendra mieux

 

Ayant une écriture complètement illisible pour les autres et désagréable à lire pour moi-même, devoir écrire peu mais clairement a été bénéfique, bien que je n’irais pas jusqu’à faire de la calligraphie complexe. Je retrouve tout de même le plaisir de bien écrire et mes années d’apprentissage de l’alphabet me reviennent presqu’avec nostalgie. Je me surprends même à m’entrainer à tracer les lettres cursives un peu délaissées au profit des lettres d’imprimerie adoptées lors de mes années post-bac.

J’y vois plus clair pour la gestion de certaines tâches non importantes, sans pour autant tout contrôler à la minute près. Mon Bullet Journal est davantage un aide-mémoire ou un vide mémoire, et un journal de bord que je prendrais plaisir à feuilleter plus tard. Je pense qu’il sera utile pour suivre mes séances de course à pieds (quand j’aurais le courage de m’y remettre une fois que le soleil ne sera plus mon ennemi et que la motivation daignera surgir) et il fera un excellent carnet de voyage pour mes futures expatriations.

Chaque soir ou matin, je passe moins de 2 minutes à le mettre à jour (trackers, inscrire mes repas de la journée et regarder les tâches à faire). La mise en page est évidemment plus longue, car je m’efforce de la soigner pour que ce soit le plus lisible, clair et épuré possible (et pour moi et mon écriture de mouche voire de médecin, c’est un effort non négligeable).

Pour d’autres : je trouve qu’il peut être utile pour les parents qui doivent être organisés à la minute près. Le Bullet Journal peut être aussi un livre de souvenirs pour suivre les premiers mois de sa progéniture, son mariage, un voyage, une expatriation. Pour les travailleurs indépendants il permet de gérer son emploi du temps de manière flexible si chaque semaine est différente. Les étudiants peuvent s’en inspirer pour gérer les cours, les révisions, les devoirs et examens. Les possibilités sont infinies puisque la configuration est entièrement modulable et flexible dans son “agenda personnalisé” qui ressemble à ce que l’on veut en faire et à soi.

 

Si le concept vous intéresse déjà, Il y a d’autres blogs qui en parlent très bien, notamment :

En français :

En anglais :

 

My Brand New “Gears”

Evidemment pour l’occasion, j’ai du acheter un cahier et des crayons, car les uniques éléments de papeterie que je possède ont été récupérés (gracieusement) au travail, les blocs-notes bons marchés de papier fins et les stylos à bille ne sont pas l’idéal pour bien écrire.

Dans la liste des fournitures on a alors :

  • Carnet A5 à couverture rigide Leuchtturm1917 de 249 pages à réglure pointillés : plébiscité par la communauté “Bullet Journal” mais à juste cause : les pages sont numérotés, indispensable pour l’index qui est la base du Bullet Journal et le papier est de qualité (80g/m2), c’est pour cela que je n’ai pas cherché d’autres marques. Il est même un peu moins cher qu’un Moleskine. Je l’ai trouvé dans une papeterie du 5e à Paris chez Skripta.
  • Lot de 6 feutres noirs Staedtler Pigment Liner (made in Germany) avec des pointes de différentes épaisseurs allant de 0,05 à 0,8mm. Pour l’instant, je les trouve très agréables car ils glissent bien sur le papier et ils ne bavent pas, tout comme ils ne traversent pas le papier. C’est un énorme changement pour moi, habituée aux stylos à bille qui bavent
  • Lot de 10 feutres de couleurs Staedtler Triplus Fineliner 0,3mm, de la même qualité que les précédents.
  • Boîte de 12 crayons de couleurs Faber Castell. Un peu de couleur permet d’égayer les pages et de les rendre plus lisible (et un flashback vers les années “école primaire” en prime).
  • Rouleaux de Washi Tape, ces rubans adhésifs repositionnables, faits de papier, et qui permettent de décorer son cahier sans effort. Pour le mois d’août j’ai utilisé des hiboux et des pois noirs pour septembre.

 

Et vous, qu’utilisez-vous pour vous organiser au travail ou à la maison ?

 

 

 

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3 thoughts on “East Side BuJo

  1. Pingback: From Calligraphy to Watercolours | East Side Pigeon

  2. Pingback: Apprendre le Japonais Seule : le Bullet Journal ? – マリローの日記

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